Le relevé Agirc-Arrco et le relevé régime général sont deux documents indépendants, alimentés par des bases de données séparées. Une période peut apparaître sur l'un et être absente de l'autre. Vérifier uniquement le RIS consolidé ne suffit pas — le relevé de points Agirc-Arrco doit être contrôlé séparément.

Comment les points Agirc-Arrco s'accumulent

La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points. Chaque mois, des cotisations sont prélevées sur votre salaire brut — part salariale et part employeur — et converties en points selon une formule précise.

L'assiette est divisée en deux tranches selon le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, fixé à 48 060 € en 2026). La Tranche 1 couvre la part de salaire jusqu'à 1 PASS. La Tranche 2 couvre la part entre 1 et 8 PASS. Les taux de calcul des points sont de 6,2 % sur la Tranche 1 et 17 % sur la Tranche 2. Ces cotisations sont ensuite divisées par le prix d'achat du point — fixé à 20,1877 € en 2025 — pour obtenir le nombre de points annuels.

Exemple de calcul. Pour un salaire brut annuel de 40 000 € en 2025 : les cotisations génératrices de points sont de 40 000 × 6,2 % = 2 480 €. Le nombre de points acquis est de 2 480 / 20,1877 = 122,8 points. Au moment de la liquidation, ces points sont multipliés par la valeur de service du point (1,4386 € en 2026) pour donner la pension complémentaire annuelle.

Une année entièrement absente du relevé Agirc-Arrco représente donc une perte directe et permanente sur le montant de la pension complémentaire versée chaque mois.

Au moment de la retraite, le total de vos points est multiplié par la valeur de service du point pour obtenir votre pension complémentaire annuelle. En 2026, cette valeur est fixée à 1,4386 € par point. Cent points manquants représentent environ 12 € brut par mois en moins — soit plus de 2 800 € sur vingt ans de retraite, avant revalorisation.

Les signaux d'anomalie à repérer

Contrairement aux trimestres du régime général, les points Agirc-Arrco ne se lisent pas facilement sans référence. Il faut comparer année par année. Voici les quatre signaux qui doivent déclencher une vérification approfondie.

Cinq causes documentées de points manquants

1

L'employeur n'a pas déclaré ou pas versé les cotisations

Les points sont enregistrés à partir des déclarations sociales de l'employeur. Si l'employeur a omis de déclarer, a déclaré un salaire erroné, ou n'a pas versé les cotisations (entreprise en difficulté, liquidation), les points correspondants ne sont pas créés. C'est la cause la plus fréquente pour les emplois chez des PME aujourd'hui disparues.

2

Erreur dans la DSN (Déclaration Sociale Nominative)

Depuis 2017, les employeurs transmettent les données salariales via la DSN. Des erreurs de saisie, des champs mal renseignés, ou des problèmes lors de changements de logiciel de paie ou de restructuration d'entreprise peuvent générer des déclarations incomplètes ou incorrectes — sans que le salarié en soit informé.

3

Anomalies liées à la fusion Agirc-Arrco de 2019

La fusion des régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) au 1er janvier 2019 a nécessité une migration massive de données historiques. Des points ont pu être mal basculés, des emplois courts ou en intérim non repris, ou des périodes antérieures à la fusion affectées de taux de conversion incorrects. Si votre relevé présente des anomalies sur des périodes avant 2019, la fusion est une cause à investiguer en priorité.

4

Périodes assimilées non enregistrées

L'Agirc-Arrco attribue des points de solidarité pour les périodes d'arrêt maladie indemnisé, de chômage indemnisé, de maternité et de service militaire. Ces points sont alimentés par les données transmises respectivement par la CPAM, France Travail et le ministère des Armées. Une rupture dans ces transmissions laisse l'année sans points assimilés.

5

Décalage de traitement — données récentes

Les points d'une année N ne sont intégrés dans le relevé qu'au cours de l'année N+1, après traitement des déclarations annuelles des employeurs. Une année récente absente du relevé peut simplement être en attente de traitement — ce n'est pas nécessairement une erreur. À revérifier après le second semestre de l'année suivante.

Des baisses inexpliquées ou des années absentes dans votre relevé ?

Notre outil détecte les anomalies de points année par année sur votre RIS — les chutes inexpliquées et les périodes sans points sont signalées dans la synthèse.

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Comment vérifier vos points

Il existe deux niveaux de vérification, du plus simple au plus précis.

Niveau 1 — cohérence visuelle. Consultez votre relevé de points sur agirc-arrco.fr ou via info-retraite.fr. Passez en revue chaque année. Repérez les années absentes, les années à zéro point, et les baisses brutales sans explication. C'est rapide et suffit pour identifier les anomalies majeures.

Niveau 2 — vérification par le calcul. Pour chaque année suspecte, récupérez vos bulletins de salaire. Calculez les cotisations génératrices de points : salaire brut × taux de calcul (6,2 % sur la Tranche 1, 17 % sur la Tranche 2), divisé par le prix d'achat du point de l'année concernée. Comparez avec ce qui figure sur votre relevé. Tout écart significatif est une anomalie à signaler.

Signal observé Cause probable Action
Année entièrement absente Employeur non déclarant, données non transmises, emploi en intérim Bulletins de salaire → caisse Agirc-Arrco
Baisse brutale sans changement de situation Erreur DSN, changement de logiciel paie employeur, restructuration Comparer bulletins → signaler à la caisse
Points assimilés absents (arrêt maladie, chômage) Transmission CPAM ou France Travail incomplète Attestations IJ ou attestations France Travail
Anomalie sur période avant 2019 Migration Agirc-Arrco incomplète Anciens relevés Agirc/Arrco + bulletins
Dernière année absente Délai de traitement normal (données N intégrées en N+1) Attendre second semestre de l'année suivante

Comment faire corriger

La démarche est distincte de celle du régime général. Le relevé Agirc-Arrco et le relevé CNAV sont gérés par des organisations séparées avec des procédures séparées.

1

Identifier la caisse gestionnaire

Plusieurs caisses gèrent l'Agirc-Arrco selon les secteurs d'activité : AG2R La Mondiale, Malakoff Humanis, Klesia, Pro BTP, Apicil, etc. Les coordonnées de votre caisse figurent en bas de votre relevé de points. C'est à cette caisse qu'il faut adresser la demande, pas à une autre.

2

Rassembler les justificatifs exacts

Le seul justificatif valable pour une période d'activité salariée est le bulletin de salaire mentionnant les cotisations Agirc-Arrco prélevées. Un contrat de travail ou un certificat de travail seul ne suffit pas. Les déclarations sur l'honneur ne sont pas acceptées. Pour les périodes assimilées : attestations d'IJ CPAM ou attestations France Travail selon le cas.

3

Déposer la demande

À partir de 55 ans : via votre espace personnel sur info-retraite.fr, service « Corriger ma carrière ». Avant 55 ans : contacter directement votre caisse Agirc-Arrco par courrier recommandé ou via son espace en ligne. Préciser l'employeur, la période concernée, et la nature de l'anomalie. Joindre les justificatifs en copie.

4

En cas de refus ou d'absence de réponse

Si la caisse ne répond pas ou rejette la demande, le médiateur Agirc-Arrco peut être saisi. Son intervention est gratuite. En dernier recours, un recours contentieux reste possible. Délai de prescription après liquidation : 5 ans — au-delà, les points perdus ne peuvent plus être récupérés.

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Questions fréquentes

Les points sont calculés à partir des cotisations versées sur votre salaire brut. L'assiette est divisée en deux tranches : Tranche 1 jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), Tranche 2 de 1 à 8 fois ce plafond. Les taux de calcul des points sont de 6,2 % sur la Tranche 1 et 17 % sur la Tranche 2. Le total des cotisations génératrices de points est ensuite divisé par le prix d'achat du point (20,1877 € en 2025) pour obtenir le nombre de points acquis.
Non. Une baisse peut être normale si votre salaire brut a augmenté moins vite que le prix d'achat du point Agirc-Arrco, si vous êtes passé à temps partiel, ou si vous avez changé d'employeur avec un taux contractuel moins élevé. Ce qui constitue une anomalie : une baisse brutale sans changement de situation, une année à zéro point alors que vous étiez salarié, ou une année entièrement absente du relevé.
Non. Les deux régimes travaillent avec des bases de données séparées. Il peut arriver qu'une période apparaisse sur le relevé régime général mais pas sur le relevé Agirc-Arrco, ou inversement. Pour qu'une période soit enregistrée en complémentaire, elle doit d'abord être présente sur le relevé régime général. Si elle est absente des deux, commencez par régulariser le régime de base.
Au 1er janvier 2019, l'Agirc et l'Arrco ont fusionné en un régime unique. La migration des données historiques a pu créer des anomalies : points mal basculés, emplois courts non repris, périodes antérieures avec des taux de conversion incorrects. Si votre relevé présente des incohérences sur des périodes avant 2019, la fusion est une cause documentée à investiguer.
Le seul justificatif valable pour une période d'activité salariée est le bulletin de salaire mentionnant les cotisations Agirc-Arrco prélevées. Un contrat de travail seul ne suffit pas. Pour les périodes assimilées (arrêt maladie, chômage indemnisé), les attestations d'indemnités journalières CPAM ou les attestations France Travail sont nécessaires. Les déclarations sur l'honneur ne sont pas acceptées.
Une révision reste possible après liquidation, mais un délai de prescription de cinq ans limite le rappel de droits. Au-delà, les points antérieurs à cette période ne peuvent plus être récupérés. Agir avant la liquidation reste impératif — idéalement 12 à 24 mois avant la date prévue de départ pour laisser le temps aux corrections d'être intégrées.