Le RIS affiche les salaires déclarés par vos employeurs — pas vos salaires réels. Si la déclaration est fausse, le relevé est faux. La seule façon de détecter cette anomalie est de comparer vos bulletins de salaire avec les montants enregistrés dans votre relevé, année par année.

Comment le salaire enregistré détermine votre pension

La retraite de base du régime général se calcule selon une formule précise : salaire annuel moyen × taux × coefficient de proratisation. Le taux plein est de 50 %. Le salaire annuel moyen (SAM) est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaires bruts déclarés, chacune plafonnée au plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année concernée.

C'est là que l'anomalie se matérialise. Si pour une bonne année de carrière votre employeur a déclaré 28 000 € alors que vous avez réellement gagné 38 000 €, cette année entre dans le calcul du SAM avec 28 000 €. Si cette année aurait dû figurer parmi vos 25 meilleures, l'impact est direct et permanent sur le montant de votre pension mensuelle.

Le plafond de la Sécurité sociale. Les salaires sont pris en compte dans le calcul du SAM dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, ce plafond est de 48 060 €. Au-dessus de ce seuil, la fraction excédentaire n'entre pas dans le calcul de la retraite de base — c'est normal. Vérifiez donc uniquement les anomalies en dessous du plafond applicable à chaque année concernée.

Sous-déclaration vs non-versement : deux situations distinctes

Les deux situations ont le même résultat visible sur le RIS — un salaire inférieur à la réalité — mais leurs causes et leurs traitements diffèrent.

Situation Ce qui s'est passé Procédure de correction
Salaire sous-déclaré L'employeur a déclaré un salaire inférieur au réel — les cotisations ont été calculées sur une base erronée Bulletins de salaire → CARSAT → correction du salaire enregistré
Cotisations prélevées mais non versées Les cotisations figurent sur le bulletin mais l'employeur ne les a pas reversées à la caisse Bulletins de salaire → CARSAT → validation gratuite des droits (l'employeur doit rembourser)
Cotisations ni prélevées ni versées Aucune cotisation n'a été prélevée ni déclarée pour cette période Régularisation de cotisations arriérées — coût à la charge du salarié si l'employeur est inaccessible

Si les cotisations figurent sur vos bulletins. Quand les cotisations sont listées sur vos bulletins de salaire — ce qui prouve qu'elles ont bien été prélevées sur votre rémunération — vous pouvez présenter ces bulletins à la CARSAT pour obtenir la validation des droits correspondants. Vous n'avez rien à payer : la faute appartient à l'employeur, pas à vous.

L'impact sur les trimestres : un risque supplémentaire

Un salaire sous-déclaré ne dégrade pas toujours les trimestres — mais il peut le faire dans certains cas. Le nombre de trimestres validés dans une année dépend du salaire déclaré rapporté à un seuil minimum basé sur le SMIC.

En 2026, il faut avoir déclaré un salaire d'au moins 1 803 € par trimestre (soit 7 212 € annuels) pour valider 4 trimestres. Si un employeur a déclaré un salaire très inférieur à la réalité — par exemple en ne déclarant que quelques mois au lieu d'une année complète — des trimestres peuvent être perdus en plus de la dégradation du SAM. Les deux anomalies peuvent coexister sur la même année.

Comment détecter un salaire mal enregistré sur votre RIS

Le RIS affiche les salaires enregistrés par employeur et par année. La vérification se fait en trois étapes.

Ce qui peut expliquer un écart normal. Plusieurs situations produisent légitimement un salaire enregistré inférieur à votre brut apparent : le plafonnement au PASS (normal au-dessus du seuil), une année de début ou fin de contrat en milieu d'année, un temps partiel non apparent sur le bulletin annuel, ou des primes non soumises à cotisations vieillesse. Éliminez ces causes avant de conclure à une anomalie.

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Comment faire corriger

1

Contacter d'abord l'employeur

Si l'employeur existe encore, commencez par lui demander de rectifier sa déclaration auprès de l'URSSAF et de la CARSAT. C'est son obligation légale. Adressez la demande par écrit (courrier recommandé) en précisant les années et montants concernés. En cas de refus ou d'absence de réponse dans un délai raisonnable, passez à l'étape suivante.

2

Déposer une demande de régularisation à la CARSAT

Via votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr (service « Mettre à jour mon relevé de carrière » à partir de 55 ans) ou par courrier recommandé à la CARSAT dont vous dépendez. Joignez vos bulletins de salaire originaux pour les années concernées. La CARSAT peut vérifier dans ses archives de déclarations employeur (DADS/DSN) et corriger le salaire enregistré si l'anomalie est confirmée.

3

Si les bulletins prouvent les cotisations prélevées

Lorsque vos bulletins mentionnent les cotisations retraite prélevées sur votre rémunération, la CARSAT peut valider les droits correspondants sans qu'aucun versement supplémentaire ne vous soit demandé. Présentez les originaux ou des copies certifiées conformes.

4

Si l'employeur est inaccessible ou a disparu

Reportez-vous à la procédure de régularisation de cotisations arriérées décrite dans notre article sur les trimestres perdus quand l'entreprise a disparu. La même procédure s'applique : preuve de l'activité, calcul sur salaires réels si disponibles ou sur assiette forfaitaire à défaut.

5

En cas de refus

Recours auprès de la Commission de Recours Amiable (CRA) de la caisse dans les deux mois suivant la décision. En l'absence de réponse ou en cas de rejet, recours contentieux devant le pôle social du tribunal judiciaire compétent.

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Questions fréquentes

La retraite de base est calculée sur le salaire annuel moyen (SAM) de vos 25 meilleures années, plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale. Si un employeur a déclaré un salaire inférieur à ce qu'il vous a réellement versé, le SAM est dégradé pour cette année — et donc votre pension de base est réduite, même si vous avez le bon nombre de trimestres pour le taux plein.
Comparez les salaires bruts figurant sur vos bulletins de salaire avec les montants enregistrés dans votre RIS, année par année et employeur par employeur. Une année où le salaire enregistré est nettement inférieur à votre rémunération réelle est une anomalie probable. Attention : le RIS plafonne les salaires au plafond de la Sécurité sociale de l'année — au-dessus de ce seuil, la différence est normale.
Dans le cas d'une sous-déclaration, l'employeur a déclaré un salaire inférieur à la réalité — les cotisations ont été versées mais sur une base erronée. Dans le cas du non-versement, l'employeur a prélevé les cotisations sur le bulletin mais ne les a pas versées à la caisse. La procédure de correction est différente dans chaque cas.
Non. Si les cotisations figurent sur vos bulletins de salaire — ce qui prouve qu'elles ont été prélevées sur votre rémunération — vous pouvez présenter ces bulletins à la CARSAT pour obtenir la validation des droits correspondants sans frais supplémentaires. C'est à l'employeur de reverser les cotisations, pas à vous.
Oui, dans certains cas. Le nombre de trimestres validés dans une année dépend du salaire déclaré rapporté au SMIC. En 2026, il faut gagner 1 803 € par trimestre pour valider 4 trimestres. Si le salaire déclaré est très inférieur au réel — au point de passer sous ces seuils — des trimestres peuvent être perdus en plus du montant de pension.
Oui, à condition de disposer des bulletins de salaire prouvant la rémunération réelle. Il n'y a pas de délai de prescription pour demander la correction d'un salaire mal enregistré auprès de la CARSAT. En revanche, plus la période est ancienne, plus il est difficile de retrouver les justificatifs. Agir avant la liquidation reste indispensable.